LES SEIGNEURS DE L’ETANG

Les « Montaigu »

A la fin du XIVème siècle, la seigneurie de l’Etang la Ville était dans la maison des Montaigu. De cette époque, il nous reste un vestige : « la fontaine St-Pierre ».

Le dernier descendant, Jean de Montaigu, surintendant des Finances, victime de la querelle des « Bourguignons » et des « Armagnac », fut injustement condamné à avoir la tête tranchée et son corps pendu sous les aisselles, à être expose au gibet de Montfaucon.

Les « Séguier»

Les « Séguier » furent Seigneurs de l’Etang la Ville de 1465 à 1698, c’est-à-dire plus de deux cents ans. Ils ont profondément marqué la commune qui s’est inspirée de leur blason pour créer les armoiries de la ville.

 

 

 « d’argent à la face ondée d’azur,

Au chef d’azur, un chevron d’or accompgné de deux étoiles (ou molettes) de même, et en pointe d’un mouton d’argent passant »

Le plus illustre représentant de la famille « Séguier » fut Pierre Séguier. Il devint chancelier de France, comte de Gien. Il est resté connu comme garde des sceaux des rois Louis XIII et Louis XIV.

Tableau de Charles Le Brun

Les « Fonton de Vaugelas»

 

Derniers seigneurs de l’Etang la Ville (de 1698 jusqu’à la révolution).

C’est l’époque de l’agrandissement du territoire de chasse des rois par le rattachement au parc de Marly d’une partie du territoire de l’Etang la Ville et la construction du mur qui encercle notre village et lui sert de frontière avec la forêt.

Cette famille s’est éteinte en 1892.

L’ETANG SOUS LA REVOLUTION

A l’administration seigneuriale avait succédé l’administration municipale.

Jusqu’en 1792, le village de l’Etang était resté étranger à l’effervescence qui régnait alor en France. Mais vers la fin de cette année la tempête arriva jusqu’à nous

Le nom de la commune de l’Etang la Ville fut changé en « L’Etang les Sources » sur délibération du conseil municipal et du conseil général de la commune, le 22 frimaire an II (13 décembre 1793). Un directoire fut installé au district de St Germain en Laye qui avait pris le nom de « Montagne-Bon-Air ».

Le conseil de commune pris comme siège des délibérations la sacristie de l’église. L’ancien chantre, sacristain et maître d’école étair devenu officier public de la commune et signait les actes au nom de la République française, une et indivisible.

Par ailleirs, on avait supprimé tous les saints, à Dieu avait succédé « l’Être Suprême et la Déesse de la Raison ». L’église était transformée en « Temple de la Raison. »

La fin de la Terreur, avec la mort de Robespierre, amena un apaisement général et on revient sans bruit à la dénomination de L’Etang la Ville.

Les élections du 15 Brumaire an III amenèrent des hommes tranquilles qui s’étaient tenus à l’écart des manifestations révolutionnaires. Les réunions publisques cintinuèrent à se tenir au « Temple » et le nouveau conseil à se réunir à la sacristie.

Puis, quand le culte catholique fut rétabli par le premier consul, par la signature du Concordat en 1801, les séances du conseil de la commune se tiennent dans la « Maison du Cabaret ».

Ce ne sera qu’en 1852 que la commune érigera officiellement une Mairie, rue d’en Bas (rue Jean Mermoz).

DE LA REPUBLIQUE A LA RESTAURATION

          « Un maire caméléon »

Antoine Blondeau « le Pacifiste » devint maire en 1795. Il va connaître successivement la République, le Directoire, le Consulat, l’Empire et la Restauration.

Il prêtera serment en Messidor An XII.

« Je jure obéissance à la Constitution de l’Empire et fidélité à l’Empereur »

Le 17 avril 1814, à l’issue de la messe paroissiale, le conseil municipal sur ordonnance du Préfet ordonne la déchéance de Napoléon Bonaparte, donne son adhésion aux actes du Sénat qui font remonter sur le trône de France les princes d’une dynastie chère à tous les français dont elle a fait, durant plus de 8 siècles, le « bonheur ».

Le 25 septembre 1814, devant le maire Antoine Blondeau, les conseillers de la commune réunis en l’église de l’Etang la Ville ont prêté individuellement serment « d’amour et de fidélité à sa Majesté Louis XVIII » puis se sont fait entendre les cris de « vive Louis XVIII » lancés par les habitants.

Le 26 avril 1815, Antoine Blondeau, maire, avec son conseil municipal, prête à nouveau serment « d’obéissance et de fidélité »  à … l’Empereur ! Mais le 18 juin, il est remplacé par Nicolas Guitel.

Le 21 juillet 1815, par ordonnance royale, Antoine Blondeau reprend ses fonctions. Il démissionnera en 1820.

Son successeur, Monsieur de Metz, s’adressera à l’Empereur Napoléon III pour célébrer la naissance du prince impérial :

« Puisse la providence continuer à protéger vos jours, ainsi que ceux de l’Impératrice et de l’auguste enfant qu’elle nous a donné ».

En mai 1871, Monsieur de Metz démissionnera et sera remplacé par Monsieur Sarrazin.

La Troisième République est née !

LES MAIRES DE L’ETANG

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Les premiers maires

La notion de commune date du XIèmesiècle. C’est ainsi que des officiers publics, que l’on pourrait appeler « municipaux » assistaient les seigneurs pour l’acquittement des droits et rendre la justice.

L’un de ces officiers de l’ancien régime est particulièrement intéressant. Il s’agit d’un personnage multi carte, Gilles Blondeau, qui est à la fois sacristain, chantre, instituteur (l’école était contiguë à l’église) et aussi « officier public ». À la révolution, l’administration seigneuriale se transforme en administration communale, et Gilles Blondeau devient automatiquement greffier du nouveau conseil. Il restera en fonction jusqu’en 1816.  A cette époque, l’église était devenue le « temple de la raison » et c’est dans la sacristie que le nouveau conseil a trouvé refuge pour se réunir. Et c’est Gilles Blondeau qui va rédiger tous les premiers compte-rendus, ce qui est particulièrement savoureux, étant donné son passé de sacristain. 

L’Étang les sources

Un de ces procès-verbaux, daté du 22 Frimaire an II (13 Décembre 1793), change le nom de l’Étang-la-Ville en celui de « l’Étang les Sources ». Il est signé «Jean Bellavoine, Maire», ce qui est la première apparition de ce nouveau titre de maire.

Cette décision restera provisoire puisque le 18 Brumaire an III  8 Novembre 1795) la dénomination de l’Étang-la-Ville est reprise et, conformément à la nouvelle constitution, des élections sont organisées. 

Jean Bellavoine est donc le premier Maire de l’Étang-la-Ville, nommé par le directoire du district de « la Montagne Bon Air », nouveau nom de Saint-Germain-en-Laye.

De la Révolution à l’Empire

Un autre Blondeau, figure dans la liste des premiers maires : Antoine Blondeau. Celui-là aura l’honneur de prêter serment successivement au Directoire, au Consulat, à l’Empire, à la Restauration, à nouveau à l’Empire et enfin à Louis XVIII. Renversé pendant les Cent Jours le 18 Juin 1815 et remplacé par Nicolas Guitel, il reprendra ses fonctions le 21 Juillet de la même année par ordonnance royale. Il démissionnera en 1820. L’instituteur, Gilles Blondeau, fera toujours partie du conseil jusqu’en 1816.

En 1804 avec le Concordat, l’église retrouve sa vocation et la municipalité doit trouver un local pour ses réunions. Par ailleurs le rattachement du hameau de la Montagne à l’Étang a fait passer la population à près de 500 âmes, et l’école est trop petite ; Gilles Blondeau, l’instituteur, propose une solution : ce sera sa maison sise au carrefour de la croix Fonton, qu’il loue à la municipalité pour y établir la salle de la Mairie et la salle d’école, moyennant 60 francs par an. Cette situation perdurera jusqu’au second empire. Après la démolition de cette maison en 1952, une salle de classe a été construite sur ce terrain. C’est maintenant la «salle Fonton» qui sert de salle de réunions. Nous aurions pu l’appeler «salle Blondeau» en souvenir de ce personnage peu commun !

Vers la troisième république

Après la démission d’Antoine Blondeau en 1820, le sieur Blossier, principal propriétaire de la commune, est nommé maire par décision préfectorale. Ce sieur Blossier décèdera en 1825, et l’on retrouvera le même… Antoine Blondeau, qui refera une nouvelle carrière de maire jusqu’en 1831!

Il restera comme ayant connu la plus longue longévité : maire pendant 30 ans !

Parmi ses successeurs, toujours nommés par le préfet jusqu’à l’avènement de la troisième république, nous noterons le nom de Pierre Bouchety pour deux raisons : il fait réparer le clocher de l’église et surtout, c’est sa maison qui sera racheté en 1852 pour en faire la mairie que nous avons connue jusqu’en 1960, et transformée aujourd’hui en logements sociaux !

Arrêtons-nous aussi sur François Grille, nommé maire en 1837. Voici comment il décrivait la population de l’Étang-la-Ville quand il s’adressait au préfet pour défendre sa commune :

« Cette population se compose généralement de très petits propriétaires, mais actifs, intelligents et vivant dans l’honnêteté la plus exacte, qui est l’habituelle compagne du travail et de la modération ; les femmes sont soigneuses et diligentes ici, comme les hommes sont courageux ; les enfants sont dociles, et de tout cela il résulte un peuple à qui il ne faut montrer que le bien et le raisonnable pour l’y conduire. »

Entre Jean Bellavoine, le premier maire, et Jean-Yves Bouhourd se sont succédés environ 24 maires : dont 8 ont été nommés par l’administration entre 1790 et 1888.

Parmi ceux-ci, arrêtons-nous sur Monsieur de Metz, architecte. Il a installé la mairie dans la maison de Monsieur Bouchety, rue d’en Bas (actuellement rue Jean Mermoz) et a dû faire démolir et reconstruire le porche de l’église. Le 27 mai 1856, sous sa présidence, le conseil envoie une adresse à l’Empereur :

« Pendant que le canon annonçait à toute la France la naissance d’un prince impérial, la petite commune de l’Étang-la-Ville bénissait le ciel d’avoir exaucé ses vœux et ses prières, en donnant un héritier à votre trône. Puisse la providence continuer à protéger vos jours, si nécessaires à la prospérité et à la grandeur de la France, ainsi que ceux de l’Impératrice et de l’auguste enfant qu’elle nous a donné. »

Le suffrage universel

De 1881 à nos jours, 16 maires ont été élus au suffrage universel.

Le premier maire élu à l’Étang-la-Ville est Monsieur Adam, châtelain de l’Étang. C’était le 23 janvier 1881, année de l’ouverture de la ligne de chemin de fer de Saint-Lazare, venant compléter la grande ceinture construite en 1874. Sous sa législature, le conseil a emprunté 3.000 francs remboursable en 30 ans pour la construction d’une maison d’école jouxtant la mairie.

En 1888, monsieur Adam fait un don de 6.000 francs pour la démolition du porche de l’église qui menaçait de s’effondrer et la reconstruction d’un nouveau porche. Il est décédé au château en 1890.